Mœbius 154 — Mais l'ennui nous prend parfois par surprise, comme une mélancolie, le retour de cet antique amour du réel

Dirigé par Jean-Philippe Michaud et Chloé Savoie-Bernard
Août 2017

Liminaire

C’est dans l’heure bleue des choses que nous vous convions pour ce numéro, au moment de la journée où Saturne nous fait baigner dans une lumière qui n’appartient plus tout à fait au jour, ni tout à fait à la nuit. L’ennui est-il l’occasion de retrouver dans le réel un éclat de vie qui nous aurait échappé dans le temps? Dans la langueur de ce moment, sans doute sommes-nous plus prompts à nous laisser prendre. Mis en scène, l’ennui peut aussi nous ravir en sursaut. Faire un pas de côté vers la mélancolie, laisser errer son âme l’instant de retomber, peut-être, amoureux du présent. Dans cet entre-deux temporel, nous avons les pieds sur un tremplin qui peut nous mener au mieux comme au pire, avec devant les yeux l’encre de la mélancolie, et la perte comme moteur.

Sommaire

fiction

Thomas Desaulniers, « Planter des arbres »
Jessica C., « Mère »
Antonin Mireault-Plante, « Les profanateurs »
Carl-Keven Korb, « Les enfants bleus »

poésie

Mélina Schoenborn, « Le reste »
Nathalie Boisvert, « La démolition du piano »
Charles Dionne, « Une autre manière de se battre »
Kareen Martel, « Le goût des heures sombres »
Camille Readman Prud'homme, « Dans les retailles »
Gabrielle Roberge, « Il faudra beaucoup de petits fruits pour que le réel advienne »
Clémence Gachot-Coniglio, « A-t-il neigé dans les couloirs »
Michel Pleau, « La pluie en ordre alphabétique »
Émélie Provost, « Regard oblique sur l'ennui »
Nicholas Giguère, « Lettre au père Noël »

les yeux fertiles

Jean-Marc Beausoleil, « Sollers contre le terrorisme »
Laurence Pelletier, « Que le temps d'enlever ma robe »

lettre à un écrivain vivant

Pierre-Luc Landry, « Lettre à Nicholas Giguère »